Bienvenue au pays des Maures – Etape 13

13 08 2010

C’est sur ce mauvais jeu de mots que le Liber’Kar ose annoncer son arrivée sur le sol tant redouté de la Mauritanie. Stoppés dans notre élan par une frontière trop rapidement fermée pour cause de début de Ramadan, nous serons amenés à découvrir les joies de tout immigrant en zone de transit.

Loin de se retrouver parqués dans la « Jungle » de Calais, c’est sous une tente à la mode bédouine et sur des matelas gorgés d’humidité que l’on patientera jusqu’à l’ouverture. Dans cet endroit chaotique qui ressemble plus à une station essence abandonnée qu’à notre fameuse zone des trois frontières, on trouvera en plus des quelques animaux plus ou moins domestiqués (chats, chiens et autres ovinés), des gens impatients de retrouver leur pays, des « routards » de la côte ouest qui s’arrêteront au Niger ou en Guinée, un bus français en attente de papiers en règles…

Pour les gendarmes, policiers et douaniers, être muté dans ce coin du monde relève plutôt de la punition sadique que d’un choix assumé. Ils restent toutefois les seuls gardiens d’un bout de terre sans nom ni propriétaire : passé les quelques postes de Police marocains, c’est bien un no man’s land de 5 kms qui s’ouvre à nous. Comme deux gosses qui se tournent le dos en disant « c’est pas moi qui le ferai », le royaume Marocain et la démocratie islamique Mauritanienne vous laissent traverser un bout de désert sans bitume…

Zone de non-droit détaxé pas aussi doré que le « Duty free » d’un aéroport, ici tu revends ta Renault 21 break sans papier pour lui donner une seconde vie…agitée. Malgré une crevaison matinale vite réparée et un brin de tension à l’approche des barbelés, nous passerons l’ensemble « frontière-douane-ouverture des bagages-tentative de corruption » » en à peine 5 heures et sans avoir ouvert le porte-monnaie.

Arrivée à Nouakchott-Mauritanie où nous retrouvons les kassackois Amadou NDiaye et Mamadou Si… Heureux!

M.H.





Flash Info : Tintin au pays d’Aladin – 11/08/2010

13 08 2010

Avertis par les nombreuses invitations à la prudence pour la traversée des contrées exotiques dans lesquelles nous nous trouvons, nous, 4 jeunes blanc-bec, décidons d’aller flâner sagement dans la bourgade de Layoune, notre halte de l’étape.

Une fois la Bab nord de la Médina passée, c’est une ville sympathique que nous découvrons. Alimentée par l’usine de phosphate et bien gardée par une légion de militaire, le charme de la ville, sa propreté, l’état flambant neuf des différents bâtiments contrastent avec l’immensité du désert que nous commençons à traverser. Une fois encore, oui, une fois, ça fourmille, ça grouille, bref, un oasis de vie  !

Repus d’un bon plat de poisson, nous nous laissons inviter au voyage et à la découverte nocturne de la ville, au son des minarets qui annoncent le début du Ramadan, avec l’accord Lunaire. Nos babouches nous guident vers une place animée, tel un cobra ondulant aux vibrations sonores des flutes enchantées.

Le son devient de plus en plus intense, les musiques sahariennes deviennent audibles et réveillent nos corps fatigués d’une longue journée de Jumpy’Kar.

Ici et là, nous entendons résonner la derbouka des musiciens (pas celle du Tonton : cf Les vacances, A Contre Courant). Nous voici maintenant devant une nouvelle Bab, sorte de porte transdimensionnelle, qu’il ne nous reste plus qu’à traverser. Un « Césam, ouvre-toi » aux deux gardes sultanesques et la porte du Riad Fès s’ouvre à nous !

A l’intérieur, une véritable caverne d’Ali Baba, sans ses 40 voleurs. Une place fortifiée à ciel ouvert, plutôt remplis de Princes et de Princesses. Installés discrètement, nous ne pouvons passés inaperçus ! Nos T-shirt de routard, nos tongs de touristes contrastent avec les chemises bien repassés et les chaussures bien cirées des Khalifes locaux. Les gazelles arborent leurs plus belles parures de fêtes, djelaba et voiles scintillants reflétant les étoiles du ciel. Un véritable musée du monde oriental. Si l’ambiance est déjà festive à notre arrivée, elle devient carrément explosive lorsque les musiciens passent à la vitesse supérieure. Double percussions, violon, synthé, un véritable boys band local de Vizirs qui décide de la folie ici comme par magie.

L’enchantement atteint son paroxysme lorsque danse la foule tout autour de nous. Chacun y va de son pas, les rires résonnent et s’accordent avec les voix qui reprennent en chœur les chants les plus connus. Assis émerveillés à notre table, nous avons le sentiment collectif de décoller sur un tapis volant, au milieu d’un tourniquet géant de Derviche-Tourneur.

En plein dans l’ambiance, le ton augmente encore d’un cran lorsque deux princesses réalisent une démonstration de danse orientale. Entièrement recouvertes par leur djelaba, et derrière leur moucharabié facial, elles exécutent des mouvements parfaitement synchronisés avec les joyeux troubadours.

C’est à ce moment là, pris d’entrain que nous décidons également de faire le pas. Nous voilà sur la scène de spectacle, essayant de reproduire les gestes que nous montrent nos amis d’un soir : des vrais Sultans du Swing. Et là encore, à l’image de toute la journée, ce fut beaucoup de sueur et une bonne tranche de rire !

Des images plein la tête, des rencontres inattendues (encore une fois !) mais pas de photo. Le jeune reporter ne couvrait pas l’évènement.

Une chose est sure, au Pays des Mille et Une nuits, on sait aussi faire la fête. Bonne nuit !

Pour l’A.B.P. (Agence-Belgique-Presse)

Bee-Gee





On a roulé sur la Lune ! Etape 11-12

13 08 2010

Le soleil et les moteurs nous réveillent : à la veille de ramadan, le Liber’Kar quitte Taroudant…Le sud du Maroc nous attend. La route est simple et unique : c’est la nationale N°1 qui suivra les as du volant jusqu’au Sénégal. Maroc, Sahara occidental, Mauritanie : même goudron, même signalisation, mêmes contrôles de papiers….Différentes situations :

Gendarmerie Royale :  «  Bonjour vous êtes français ? allez bonne route »…

Police nationale : « Bonjour vous avez les fiches ? – quelles fiches ?  votre profession ??  Vous avez un cadeau de France ? ».

Tant bien que mal, le Liber’Kar passe les contrôles sans problème pour le moment. Direction le Sahara Occidental : Pays ou région du Maroc ? Personne ne le sais vraiment… Indépendance pour le moment toujours pas…

Les kilomètres défilent dans notre four solaire roulant et le paysage devient de plus en plus désertique…Sur la route, pas grande âme circule. Quelques camions chargés à en perdre l’équilibre se doublent, quelque plaques européennes se croisent… La chaussée est droite, rectiligne, uniforme, bref indigeste…On regretterait même les routes sinueuses des Pyrénées ou la nationale entre Valence et Lamastre. Le paysage est lunaire, vide. Dunes de sable, cratères et cailloux deviennent quotidien le long de nos 2000 kms… Roches sélénites, aurait-on décollé sur la lune?

L.C





Un extincteur pour le Liber’Kar- Etape 10

13 08 2010

Un titre annonciateur, un brin provocateur, le Liber’Kar serait-il en chaleur ?

La nuit chez notre hôte a été très agréable, petit-déjeuner copieux en terrasse sur les toits de Marrakech, savourant  crêpes locales et délices d’orients…

Matinée shopping pour nos quatre fashions Liber’kariens…

Retour sur la Place Jémaa El-Fna, qui en l’occurrence était beaucoup moins bondée  et vivante que la veille… La chaleur assomme les Hommes comme les quelques animaux de foire.

Le souk ( Marché en Arabe), ressemble un peu à Wall Street en crise où chaque marchand essaye tant bien que mal de (re)vendre ses « actions » à des clients trop peu nombreux et à des prix déraisonnables. Tourisme quand tu nous tiens.. .

Ils sont chaque jour des milliers à travailler calmement à l’ombre des lattis de roseaux dans le brouhaha des passants et des commerçants. Ici les sons, les parfums, et les sensations vous guident : à chacun donc de créer son chemin…

Première à gauche, le marché aux poulets : élevée, égorgée, déplumée ; découpée, pesée et mangés..Telle est la loi pour la volaille. Continuez sur cette même route, deuxième à droite, pas celle des babouches, l’autre juste devant, ensuite troisième à droite et demandez au marchand de lunettes Raybay :  Balak ! c’est à gauche.

vous tomberez sur le  Souk « Haddadine » : le domaine des ferronniers et des forgerons. Ces magiciens du fer brut transforment le métal en lanterne, grillages, serrures, tout cela bien sur dans l’obscurité et sans lunette de soudure !!

Départ de Marrakech pour le grand Sud, direction Le Haut Atlas, proche du Mont Toubkal, culminant à 4100 mètres… Le but est de traverser cette chaine de montagne…un peu dangereuse..

Arrêt chez « Marjane », type Cora Marocain. Délices culinaires ensachés ; c’est donc un extincteur que nous avons acheté….Mais pourquoi ???

Le Liber’Kar se rend en Mauritanie et au Sénégal : niveau conduite, les habitudes restent identiques, le port de la ceinture est bien sur non obligatoire, mais l’extincteur dans l’habitacle, si ! Niveau sécurité le Liber’Kar est donc Ok….

Plaine désertique du Haouz passée, c’est au flanc de montagne que le 1.6L du LBK, s’attaque. Traversant des ponts enjambant des Oued sans eau, c’est les cols verts, bruns et gris de la route de Tizi-n-Test direction Téroudant que nous grimpons… Déroutant ! Cette voie étroite  ne laissant passer qu’un camion et demi à peine, nous en fera donc voir de toutes les couleurs et de toutes frayeurs…Et dire qu’avant la construction de l’autoroute reliant Casablanca à Agadir, c’était la voie principale !!

Virage à Gauche, virage à droite, virage à droite, camions sur la chaussé de gauche doublant une mobylette, d’emblé un panneau nous annonce la couleur :  virage dangereux sur 120 km. Une partie de plaisir pour le pilote et une vue incroyable pour les paysagers. Des flancs, des monts, l’horizon, euh un camion..freine !! Nid de poule à droite, resserre  à gauche…Du haut de notre nouveau Jbel Liber’Kar, le panorama est splendide…A peine le temps de refaire le plein d’eau dans une cascade que le soleil joue déjà à cache-cache derrière les sommets..Plus que 10 kilomètres de descente et nous voici dans la nuit noire, proche de la ville de Téroudant…

Camping dans un champs, disons que nous sommes maintenant Habitué… « David, lumière – Mathieu et Benoit, la tente – Loïc le feu ». C’est  à l’éclat des flammes, repus par des grillades que les étoiles bercent nos corps fatigués…

L.C








Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.