C’est sur ce mauvais jeu de mots que le Liber’Kar ose annoncer son arrivée sur le sol tant redouté de la Mauritanie. Stoppés dans notre élan par une frontière trop rapidement fermée pour cause de début de Ramadan, nous serons amenés à découvrir les joies de tout immigrant en zone de transit.
Loin de se retrouver parqués dans la « Jungle » de Calais, c’est sous une tente à la mode bédouine et sur des matelas gorgés d’humidité que l’on patientera jusqu’à l’ouverture. Dans cet endroit chaotique qui ressemble plus à une station essence abandonnée qu’à notre fameuse zone des trois frontières, on trouvera en plus des quelques animaux plus ou moins domestiqués (chats, chiens et autres ovinés), des gens impatients de retrouver leur pays, des « routards » de la côte ouest qui s’arrêteront au Niger ou en Guinée, un bus français en attente de papiers en règles…
Pour les gendarmes, policiers et douaniers, être muté dans ce coin du monde relève plutôt de la punition sadique que d’un choix assumé. Ils restent toutefois les seuls gardiens d’un bout de terre sans nom ni propriétaire : passé les quelques postes de Police marocains, c’est bien un no man’s land de 5 kms qui s’ouvre à nous. Comme deux gosses qui se tournent le dos en disant « c’est pas moi qui le ferai », le royaume Marocain et la démocratie islamique Mauritanienne vous laissent traverser un bout de désert sans bitume…
Zone de non-droit détaxé pas aussi doré que le « Duty free » d’un aéroport, ici tu revends ta Renault 21 break sans papier pour lui donner une seconde vie…agitée. Malgré une crevaison matinale vite réparée et un brin de tension à l’approche des barbelés, nous passerons l’ensemble « frontière-douane-ouverture des bagages-tentative de corruption » » en à peine 5 heures et sans avoir ouvert le porte-monnaie.
Arrivée à Nouakchott-Mauritanie où nous retrouvons les kassackois Amadou NDiaye et Mamadou Si… Heureux!
M.H.









