“Vos papiers” Etape 16-17

19 08 2010

Nuit trop courte et trop agitée à Louga. Pour éviter la pluie, nous avons quitté Kassack ce dimanche soir pour dormir chez un ami d’Amadou dans la ville natale de Abdou Diouf, ancien président du Sénégal… Réveil pluvieux, bah réveil quand même… Ramadan oblige et minarets à 50 mètres de notre lieu de résidence, c’est donc dans la délicatesse des prières, la finesse des haut-parleurs hurlant le début du jeun que toute l’équipe quitte l’appartement d’Abdoulaye. La chaussée humide et jonchée de trous nous accompagne jusqu’à Dakar… Taxi jaunes desquels émanent plus de gaz d’échappement que la nouvelle centrale nucléaire libanaise ; taxi brousses surchargés imitant la densité chinoise aux mètres carrés, camions et autres charrettes à cheval nous ouvrent, sous un ciel nuageux et chargé de CO2, la voie vers la capitale…

Dakar, signifie en Wolof «le Tamarinier ». La presqu’île du cap vert fut ainsi nommée au quinzième siècle par des marins portugais en raison de sa luxuriante végétation. Aujourd’hui, c’est une forêt de béton d’une grande densité…Les herbes folles d’antan ont laissé place à des tiges de fer qui poussent au sommet des immeubles inachevés …

Bouchons à Rufisque, voie de substitution à moitié inondée, nous prendrons la nouvelle autoroute qui dégorge cette ville de 3 millions d’habitants. Cette voie rapide est la première du Sénégal : qui dit première fois, dit un peu maladroit (moment de nostalgie pour vous blogueurs).

Journée dans la paperasse, journée qui agasse. A gauche à Droite, bureaux, cabinets, on sert des mains, on ferme les yeux, on tape des pieds, on grince des dents, on se tire les cheveux…bref après-midi d’attente, d’impatience. Dakar sous la pluie, vente de K-ways en inflation, humidité. Un seul brin de douceur dans ce K.O, la visite de notre ami Tidiane, Kassackois, vivant à Dakar, connu de tout le collectif grâce aux différents chantiers…

Nous passerons la nuit dans son appartement. Après quelques bouchons digérés et des milliers de particules de carbone ingérées, nous arrivons à bon port…C’est dans un climat gastrique mi figue-mi raisin avec des estomacs criant famine que nous dinerons dans une dibiterie…

Tels des athlètes du triple-saut esquivant flaques et boue, c’est du haut de ses 1m95 que notre tour de contrôle humaine nous guidera pour le chemin du retour…

L.C








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